biophysiques
REOUTR ACCUEIL
LES ACCIDENTS BIOPHYSIQUES DE LA PLONGEE
Les accidents biophysiques surviennent en fin de remontée ou après l'émersion.
Ils sont favorisés par :
* les remontées rapides
* le non respect des tables
* les plongées longues et profondes
* des conditions de plongée non habituelles
* un mauvais état physique
PHYSIOPATHOLOGIE
Lors d'une mise en pression, il y a dissolution des gaz dans tout l'organisme.
* l'oxygène est consommé par la respiration cellulaire
* le gaz carbonique est fixé par les systèmes tampons
* l'azote, gaz inerte, présent en grande quantité dans
l'air (78 %), est dissout dans l'organisme, proportionnellement
à sa pression partielle. Lors de la décompression, il
existe une sursaturation des organes (muscles) qui vont se
désaturer dans le sang, qui va à son tour libérer
son azote dans les poumons. Il apparait alors, principalement dans le
sang, des bulles de taille variable :
- au-dessous de 50 microns
: ces bulles sont inoffensives, elles sont totalement
éliminées par les poumons, sauf s'il existe des shunts
artério-veineux ou une pathologie pulmonaire. Dans les poumons,
les capillaires sont de petite taille, les bulles se bloquent et sont
forcées par la circulation sanguine, ce qui augmente la pression
locale et facilite l'évacuation de ces bulles à travers
la barrière alvéolo-capillaire. Il existe à ce
niveau une forte concentration de prostacyclines qui favorise la
dégradation des plaquettes d'enveloppe de la bulle.
- à partir de 50 microns : il existe des bulles stationnaires dans la circulation avec début de l'organisation thrombotique.
- à partir de 200 microns : les bulles sont pathologiques, autour de la bulle se constitue une peau à double couche :
* une couche interne de protéines modifiées
* une couche
externe constituée de plaquettes agrégées
C'est à partir de cette peau que vont débuter les
phénomènes de coagulation et d'embolie qui vont aboutir
à la maladie de décompression et à l'état
de choc. Cette peau autour de la bulle explique les échecs de la
recompression, elle nécessite lors des accidents un traitement
très précoce.
Le bullage sanguin peut être aggravé par une
libération brutale de l'azote des tissus vers le sang, lors d'un
effort musculaire par exemple, effort qui doit donc être
évité après toute plongée.
LES ACCIDENTS RELATIVEMENT BENINS
Ils peuvent être associés à des accidents graves, et doivent attirer la plus grande vigilance.
* LES ACCIDENTS CUTANES :
Ils sont liés au blocage des bulles d'azote dans les capillaires
superficiels cutanés, et sont favorisés par le froid ou
une compression localisée.
Ils sont exceptionnels chez le plongeur humide en raison de la
vasoconstriction des capillaires cutanés provoquée par le
contact avec l'eau, ils se voient en caisson et lors de l'usage de
tenues sèches.
- les puces - skin itching :
Sensations de piqûres, sans lésion visible, apparaissant
sur les 2 moitiés du corps (des signes unilatéraux
doivent toujours faire redouter un accident neurologique de type II)
- les moutons - skin mottling :
Plaques de type urticariennes insensibles, bilatérales
Ces lésions ne nécessitent pas de traitement spécial, leur disparition est spontanée.
* LES ACCIDENTS OSTEO-ARTICULAIRES :
- les bends - artrological bends :
C'est l'accident de plongée le plus fréquent, il
représente 90 % des complications. Cet accident est causé
par l'apparition de bulles intratendineuses. Les fibres tendineuses
sont riches en récepteurs nociceptifs, et la moindre petite
bulle qui distend ceux-ci provoque des douleurs très
importantes. L'apparition de ces bulles est favorisée par les
cicatrices, surtout si elles sont récentes (entorses,
interventions chirurgicales). Ces accidents surviennent
généralement sur des articulations ayant beaucoup
travaillé : épaules, genoux, côté droit chez
les travailleurs sous marins droitiers.
Douleur d'une articulation s'aggravant rapidement, pour devenir
très forte, sans recompression, cette douleur peut durer
plusieurs jours.
Ces douleurs cédent rapidement à la recompression
(caisson ou nouvelle plongée) avec une remontée lente en
évitant tout effort sur l'articulation en cause..
- les bulles intraspongieuses :
Cet accident est causé par une bulle qui se situe dans un espace
médullaire intraspongieux, l'ischémie provoquée
par ctte bulle risque de provoquer une ostéonécrose qui
aura des conséquences à long terme.
Les signes sont les mêmes que les bends, ils peuvent être plus diffus.
Le traitement est identique à celui des bends
LES ACCIDENTS GRAVES
Ils représentent toute la gravité des accidents de décompression
* LES ACCIDENTS LABYRINTHIQUES :
Ces accidents sont causés par l'apparition de bulles
intraliquidiennes dans l'endolymphe ou la périlymphe, dont la
composition est proche de celle du sang, et qui subit les mêmes
phénomènes de saturation et de désaturation. Ils
peuvent être aggravés par l'apparition concomitante de
bulles vasculaires. Ces bulles provoquent des modifications de pression
de la lymphe entrainant des informations erronées sur
l'équilibre et l'accoustique. Au maximum, ces bulles peuvent
provoquer un éclatement des canaux semi-circulaires avec
destruction définitive.
SIGNES :
Ils peuvent se compliquer de signes neurologiques centraux qui doivent être systématiquement recherchés.
Les troubles surviennent généralement à l'émersion.
- Le 1er signe peut être un petit vertige survenant progressivement au palier, puis
- vertiges rotatoires
- nausées, vomissements
- nystagmus horizontal
- signe de Romberg (impossibilité de rester debout lles yeux fermés)
Il faut toujours rechercher un faux accident labyrinthique d'origine centrale caractérisé par :
- une asthénie intense
- une composante verticale du nystagmus
- des troubles de la vigilance
TRAITEMENT :
Recompression thérapeutique
- dans les cas de bulles périlymphatiques, la récupération est possible
- dans les cas de bulles endolymphatiques, la
récupération est généralement impossible
car elles provoquent l'éclatement des canaux semi-circulaires.La
compensation des troubles s'effectue en quelques jours à
quelques mois.
* LES ACCIDENTS NEUROLOGIQUES :
Les accidents neurologiques représentent 60 % des
accidents ce type II. Ils peuvent être cérébraux,
médullaires, ou mixtes.
- LES ACCIDENTS CEREBRAUX :
Ces accidents sont liés à un aéroembolisme
cérébral. Les bulles artérielles empruntent
facilement la voie des carotides chez le sujet debout. Ces bulles
peuvent provenir d'une surpression pulmonaire.
SIGNES :
Ils sont variables et en rapport avec la gravité de l'embolie. Ils surviennent à l'émersion ou au palier.
- l'asthénie est le principal signe qui doit toujours éveiller l'attention
- dans le cas d'une ischémie cérébrale
bilatérale, on observera une convulsion
généraliée, une quadriplégie flasque et
aréactive, et une décortication ou une
décérébration. Les ischémies
bilatérales se retrouvent surtout dans les accidents de
surpression pulmonaire
- dans le cas d'une ischémie partielle, on observera une crise anoxique locale souvent caractérisée par :
* une convulsion localisée
* un ictus massif avec
hémiplégie flasque globale, des signes
végétatifs graves et une mydriase
* un ictus partiel moteur avec
hémiplégie flasque globale à prédominance
faciobrachiale ou crurale
* un ictus partiel sensitif avec hémianesthésie et hémiparésie
* un ictus partiel sensoriel avec hémianopsie, hémiamorose et jargonaphasie
* des accidents vertébraux
basilaires qui sont liés à des embolies des
artères vertébrales. Ils provoquent des troubles
végétatifs et moteurs
TRAITEMENT :
Protocole de recompression thérapeutique
On observe 84 % de guérison après recompression
thérapeutique, mais 11 % de séquelles et 5 % de
décès.
- LES ACCIDENTS MEDULLAIRES :
Ce sont les plus fréquents et les lus graves des accidents
neurologiques, ils représentent 40 % des accidents de type II,
il en résulte 20 % de séquelles et 5 %
d'invalidité.
Ces accidents ont longtemps été rattachés à
une embolie de l'artère d'Adamkiewiez qui bvascularise une
grande partie de la moelle épinière. Ils semblent
liés à un bullage puis à une thrombose dans le
plexus veineux épidural qui draine le sang en provenance de la
moelle épinière. Ces thromboses provoquent une
ischémie médullaire aboutissant à la destruction
de la moelle. Les lésions que l'on peut observer lors de ces
accidents sont proches de celles des traumatismes médullaires
(accidents de la circulation par exemple)
SIGNES :
Ils sont proches de ceux des traumatismes rachidiens :
- asthénie
- douleurs rachidiennes
- paresthésies, paralysies
- rétention urinaire
Tous ces signes sont céréctérisés par une aggravation progressive
TRAITEMENT :
Protocole de recompression thérapeutique